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Portrait d’éditeur – Éditions In8

Portrait d’éditeur – éditions In8 (mars 2025)

La Région Nouvelle-Aquitaine compte plus de 200 éditeurs, qui abordent des thématiques variées dans des catalogues exigeants. Soixante d’entre eux ont choisi de former le collectif AENA (Association des Éditeurs de Nouvelle-Aquitaine), dont les libraires de LINA sont bien évidemment partenaires.

Le réseau LINA, partenaire des éditeurs de Nouvelle-Aquitaine, vous propose de (re)découvrir chaque mois un éditeur membre de l’AENA, sa ligne éditoriale, son catalogue, son équipe et son histoire le temps d’un portrait.

Ce mois-ci, partez à la rencontre des éditions In8.

Comment décririez-vous l’ADN / l’identité de votre maison d’édition, son histoire et ses valeurs ? 

In8 développe un catalogue autour de deux tropismes : la fiction courte et le roman noir. À la conjonction de ces deux angles, nous éditons des romans pour adultes (éd.In8) et des romans pour ados (éd. Faction), des écrivains français contemporains et des textes qui « cognent » comme on dit, qui émeuvent, qui bousculent.

Pourriez-vous nous parler du processus de découverte et de sélection des textes au sein de votre maison d’édition ? Que recherchez-vous chez un.e auteur.ice ou un manuscrit pour décider de sa publication ?

Nous avons commencé en puisant dans les manuscrits que nous recevions par la poste. Une fois qu’on a découvert un auteur, une « voix », une vision, nous ne le lâchons plus : nous voulons grandir ensemble ! Aujourd’hui, nous accueillons un à deux nouveaux auteurs par an, les autres nouveautés sont signées de nos auteurs-maison.

Pourriez-vous nous parler d’une publication récente qui incarne particulièrement la vision éditoriale de votre maison d’édition ?

Grain d’hiver, de Laurence Biberfeld. Un roman noir assez dur, qui évoque les violenes sociales – conjugales, policières, pénitentiaires, racistes, climatiques – à travers le destin d’une famille de guingois et de ses trois générations. Le personnage central, c’est Gafna, la vieille, la grand-mère, une rescapée du camp de Gurs (camp de détention dans les Pyrénées-Atlaniques, qui a retenu des Républicains espagnols, des déportés…). Gafna est superbe, elle tient tout son petit monde à bout de bras, elle fait le lien et reconstitue une « famille »…

Laurence Biberfeld est une autrice que nous publions depuis des années maintenant, elle a traversé nos différentes collections ! Et elle « passe un cran » à chaque nouveau texte, elle continue de nous bluffer (nous, et ses lecteurs après nous…)

Malencontre, que nous avons édité en 2022, était son 1er roman ado, il a été sélectionné aux Pépites et a remporté le grand prix de la SGDL ! Mais avec ce nouveau roman, elle pousse le curseur encore plus loin…

   

Pourriez-vous nous parler d’une collaboration récente entre votre maison d’édition et une librairie indépendante qui vous a particulièrement marqué.e ? 

Nous venons de lancer un « défi » libraires à des libraires indépendants autour de notre collection jeunesse : les libraires qui le souhaitaient réalisaient une petite vidéo sur un de leurs coups de cœur dans la collection. Nous partagions la vidéo sur les réseaux sociaux (ceci, afin d’être lisible des jeunes qui sont très sensibles au format vidéo). En échange, nous envoyions la collection complète des Faction (17 romans) au collège de leur choix… Les collèges pouvaient ainsi découvrir les romans, et poursuivre l’exploration en se tournant vers leur libraire ! Ils sont nombreux à s’être retroussé les manches et avoir joué le jeu – Sylvie à Bourg-sur-Gironde, La rêverie à Aire, mais aussi M’Lire à Laval, Vivement dimanche à Lyon, les Sandales d’Empédocle à Besançon, le Bateau livre à Lille…

Face à l’évolution de la chaîne du livre vers une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, comment votre maison d’édition se positionne-t-elle et/ou que met-elle en place ? 

Nous sommes très attentifs aux flux physiques. Pour nous, le problème numéro 1, c’est la circulation aberrante de certaines commandes. Nous cherchons donc à limiter les commandes folles (notamment pour les salons), quitte à refuser de les servir, ou les réduire, pour limiter les retours… que nous recyclons au maximum.

Quels sont les projets de votre maison d’édition, comment voyez-vous l’évolution de sa proposition ?

Nous creusons notre sillon. Nous voulons rester très ancrés sur notre ligne éditoriale, mais à travers le lien : le lien aux auteurs d’une part, à qui nous sommes fidèles, et ils nous le rendent bien ! Le travail s’imagine dans la durée, selon une trajectoire dessinée par plusieurs livres. Le lien aux lecteurs d’autre part, et nous avons commencé à développer le lectorat ado car il faut aussi éveiller nos lecteurs adultes de demain ! Or, ce qui fait le lien, ce sont les maillons : libraires, médiathèques, festivals. La littérature est affaire de temps long…